ROAD TRIP EN SOLO AUTOMNE 2018 (épisode 4) – jours 19 à 24

Ce quatrième épisode de mon road trip solo de 2018 couvre mes derniers jours dans le sud du Nouveau-Mexique puis mes premiers dans le sud de l’Arizona. Au programme de ces six jours : Organ Mountains, Chiricahua, Saguaro et Lost Dutchman. Entre autres… Voici l’itinéraire :

Itinéraire de la quatrième partie de mon road trip de l'automne 2018
Mardi 30 octobre, pics acérés et tuyaux d’orgue

Le temps est maussade quand je me réveille mais tant pis, je vais quand même suivre ce que j’ai prévu en allant dans les Organ Mountains, à quelques miles de Las Cruces. D’abord dans la section Est, du côté d’Aguirre Spring Campground. J’y ai repéré la rando Pine Tree Loop, longue de 4 miles avec peu de dénivelé (environ 300 mètres). Je suis presque arrivé à bon port quand j’aperçois une grosse araignée traverser la route. Je prends garde de ne pas l’écraser et je continue ma route mais j’en aperçois une deuxième quelques mètres plus loin ! Une bonne grosse mygale (tarentula comme disent les Américains) que je vais observer d’un peu plus près.

Ce qui est étonnant, c’est que j’en verrai une troisième 30 minutes plus tard sur laquelle je manquerai même de marcher. A croire qu’elles se sont toutes données rendez-vous !

La rando en elle-même est assez sympa et permet d’avoir de belles vues plus rapprochées sur les aiguilles acérées des Organ Mountains. Avec toujours de belles couleurs automnales bien que moins vives que deux jours plus tôt à Guadalupe Mountains.

D’un côté, il y a donc ces sommets très découpés et un beau pain de sucre ; de l’autre, ces plaines désertiques flanquées de quelques montagnes peu élevées qui s’étendent à perte de vue.

Route descendant de Aguirre Springs Campground, Organ Mountains
Dommage tout de même que le soleil ne soit pas de la partie… En 1h30, la boucle est bouclée. Après avoir déjeuné près du point de départ de la rando, je me rends dans la section Ouest, Dripping Springs. Au visitor center, on me prévient que la source d’eau et la petite cascade sont quasiment à sec. Pas grave, d’autant que le ciel se dégage quelque peu par moments et que j’ai envie de marcher. Mais il n’y a qu’1,5 miles aller-retour, le tout sur un sentier plat et très bien entretenu.

Le paysage est moins beau qu’à Pine Tree Loop et la cascade est effectivement un filet d’eau. Et comme il commence à pleuvoir après une courte éclaircie, il est temps pour moi de retourner à la voiture. Un dernier regard sur cette belle chaîne de montagnes et je file vers l’Ouest sous un ciel de plus en plus noir.

Organ Mountains vues de la route en venant de Las Cruces
Routre entre Organ Mountains et Las Cruces sous un ciel d'orage
J’ai 2h de route jusqu’à Silver City où je trouve un motel bon marché. J’y arrive au moment où un gros orage et des pluies diluviennes s’abattent sur la ville. Heureusement, la météo est annoncée plutôt bonne pour les prochains jours. Je ne le sais pas encore mais ce sera là mon dernier jour de pluie du voyage.

Mercredi 31 octobre, retour en Arizona

Après toute la pluie de la veille, l’atmosphère est très humide mais malgré pas mal de nuages, c’est l’impression de beau temps qui domine. Je vais donc me rendre à Gila Cliffs Dwelling où se trouvent quelques habitations troglodytiques des indiens Mogollon qui vécurent ici au 13ème siècle. Je sais d’avance que la route pour y aller est assez longue et que le site n’est pas tellement spectaculaire. Mais je voudrais m’en rendre compte par moi-même.

En effet, la route de 44 miles est sinueuse et oblige à conduire prudemment, d’autant que l’humidité la rend quelque peu glissante. Mais je ne regrette pas un instant les 1h30 en voiture avant d’arriver à destination car il y a en cours de route quelques très jolis points de vue, encore dans les nuages, et une belle lumière matinale.

Il n’y a qu’une seule autre voiture quand je me gare sur le parking en bout de route. Je suis tout de suite accueilli par un Ranger extrêmement sympathique. Celui-ci a fait quelques années d’études en France et parle un français très correct. Il me donne quelques informations sur ce que je vais voir ainsi qu’une petite carte et je commence ensuite le court sentier en boucle. Celui-ci ne fait qu’un mile de long et ne présente pas de difficultés, mais il est encore assez boueux par endroits. Un joli point de vue s’offre à moi avant d’arriver aux premières ruines.

Début du sentier menant aux ruines de Gila Cliffs Dwelling, Nouveau-Mexique
Point de vue donnant sur les ruines de Gila Cliffs Dwelling et son petit canyon
Il est possible de visiter l’intérieur de ces habitations où un Ranger est présent pour surveiller et répondre aux éventuelles questions. Je me rends compte que j’ai oublié mon flash et mon trépied dans la voiture et vu comme l’endroit est sombre, quasi impossible de faire des photos correctes.

La visite est courte. Difficile d’y passer plus d’1h-1h30. Dans le même genre, il y a effectivement plus beau, notamment à Mesa Verde. Mais ici, l’atmosphère est reposante, c’est très peu touristique et on a vraiment la sensation d’être dans un lieu isolé. Je suis donc bien content d’avoir fait le détour. Après un court arrêt à Trail to the Past, où se trouvent une petite ruine supplémentaire et quelques pétroglyphes, je dois désormais faire toute la route en sens inverse. Retour à Silver City puis direction les hoodoos de Chiricahua, à 2h30 de là. Bye bye New Mexico et welcome Arizona ! Je n’arrive à Chiricahua qu’en milieu d’après-midi. Petit tour au visitor center puis au camping pour y choisir ma place. J’ai encore tout juste le temps d’aller à l’Est du parc faire une petite rando, Echo Canyon Trail.

Dès le début de la marche, le paysage est étonnant. Ce sont des milliers de hoodoos bien alignés faisant penser à Bryce Canyon, bien que ce dernier soit plus coloré et encore plus spectaculaire. Le sentier est en descente jusqu’à Echo Park avec un dénivelé de 160 mètres seulement et fournit quelques belles vues.

Colonnes de rhyolite le long d'Echo Canyon Trail, Chiricahua
Sentier d'Echo Canyon Trail en fin d'après-midi, Chiricahua

En bas d’Echo Canyon Trail, je prends Hailstone Trail puis Ed Riggs Trail pour finir la boucle de 3,3 miles au total. Mais je dois accélérer le pas car je n’ai plus beaucoup de temps avant qu’il fasse nuit. Je suis finalement de retour à ma voiture quand le soleil passe derrière les montagnes.

Hoodoos après le coucher du soleil, Chiricahua
Chiricahua national Monument au coucher du soleil vu de Massai Point
Paysage de Chiricahua et Sugarloaf Mountain pendant l'heure bleue

Il ne me reste plus qu’à retourner à mon emplacement de camping, préparer le dîner et la voiture pour y dormir. Je pourrai profiter pleinement de ma matinée de demain pour parcourir les autres sentiers de randonnée du parc…

Jeudi 1er novembre, hoodoos en pagaille

Avec 2°C dans la voiture et beaucoup d’humidité, la nuit a été bien fraîche. C’est le calme absolu dans le camping quand je me réveille vers 5h. L’objectif de ce matin est de me rendre à Heart of Rocks, en plein coeur de Chiricahua, en utilisant la totalité des sentiers du secteur Est (soit environ 10,5 miles = 16,8 km). A partir de Massai Point, je prends donc Ed Riggs Trail dans le sens inverse de la veille puis Mushroom Trail, deux sentiers un peu longs et ennuyeux. Je bifurque ensuite pour aller voir Inspiration Point mais le soleil est déjà bien levé pour pouvoir profiter d’une belle lumière. Tant pis, le point de vue est quand même beau !

Paysage de Chiricahua National Monument à Inspiration Point

La suite se fait par Big Balanced Rock Trail et son gros rocher en équilibre, avant d’atteindre le début de Heart of Rocks. C’est une petite boucle de 1,1 miles où l’on se trouve, comme son nom l’indique, au coeur des hoodoos aux noms parfois évocateurs (Kissing Rocks, Duck on a rock…).

Rocher en équilibre très précaire au bout de Big Balanced Rock Trail, Chiricahua

Cerise sur le gâteau, un superbe panorama avec en arrière-plan Cochise Head, cette montagne au profil du célèbre Apache, qui semble veiller sur l’ensemble de Chiricahua.

Point de vue sur les hoodoos et Cochise Head dans Heart of Rocks, Chiricahua
Cochise Head, montagnes formant la tête de Cochise, Chiricahua
Je poursuis mon chemin par Sarah Deming Trail, sentier le plus pentu du parc mais tout en descente dans mon sens. J’y rencontre les deux premières personnes de la journée ainsi qu’une jolie mygale, encore ! Enfin, j’emprunte Upper Rhyolite Trail avant de retrouver Echo Canyon Trail, en montée cette fois. L’occasion de voir les paysages de la veille sous un autre angle et une autre lumière. Mais je ne m’attarde pas car je suis en plein soleil et il y a peu d’ombre lors de cette remontée. Je suis de retour à Massai Point juste pour l’heure du déjeuner, parfait ! Après une bonne petite pause, je décide d’enchaîner avec la rando de Sugarloaf, sommet arrondi culminant à 2228 mètres que vous avez pu voir sur quelques photos précédentes. Le sentier ne fait que 1,8 miles A/R avec un dénivelé de seulement 140 mètres, sans aucune difficulté. Le vue d’en haut est plutôt sympa malgré le ciel voilé et la lumière de début d’après-midi.

Paysage vu durant l'ascension vers le sommet de Sugarloaf, Chiricahua
Panorama en haut de Sugarloaf, Chiricahua

Il est l’heure désormais de quitter Chiricahua, non sans faire un dernier petit arrêt à Bonita Creek Trail, très court sentier à l’entrée du parc mais sans grand intérêt. Il est 15h30 et je me dirige maintenant vers Leslie Canyon, un “Wildlife Refuge” de petite taille situé à une bonne heure au sud-ouest de Chiricahua. Le problème, c’est qu’arrivé sur place, je vois bien le panneau indiquant l’entrée mais rien ensuite. Je continue sur une quinzaine de miles, le paysage étant tout de même bien agréable, mais je ne vois que quelques ranchs. Je me rends à l’évidence : soit je ne suis pas sur la bonne piste, soit j’ai raté la véritable entrée… Marche arrière toute mais il est désormais trop tard car je n’aurais plus le temps de randonner avant la nuit. Je décide de me rendre à Douglas, à la frontière mexicaine, où j’avise un motel pas cher qui fera l’affaire pour la nuit. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot et je repartirai demain matin à la recherche de ce canyon qui se fait désirer

Vendredi 2 novembre, balades en forêts de cactus

C’est donc de bon matin que je reprends la route de la veille en direction de Leslie Canyon. Non sans avoir au préalable fait une recherche supplémentaire sur Google pour comprendre ce que j’ai manqué. Il semblerait que l’entrée se situe bien au niveau du panneau vu la veille. Je vais bientôt en avoir le coeur net… Et en effet, de l’autre côté de la route, j’aperçois une sorte de petit parking et une barrière franchissable uniquement à pied. Cent mètres plus bas, un panneau d’informations m’explique que je suis bien à Leslie Canyon. En fait, il y a juste un sentier de randonnée de 2 miles. Bon, maintenant que j’y suis, autant aller plus loin, même si tout cela ne me semble pas très folichon. Et à vrai dire, il n’y a pas grand chose à voir à part une végétation assez riche et dense. Mais c’est tout. Pas d’animaux ni d’oiseaux qui étaient la raison première de ma venue ici. Ce n’est sans doute pas la meilleure période j’imagine. Autant vous dire que je ne me suis pas éternisé !

Après cette petite perte de temps, je prends la direction de Tucson en passant par Tombstone où je ne m’arrête pas (déjà fait et trop touristique à mon goût). Plus précisément, je vais aller dans la section Est de Saguaro National Park. Je connais déjà la partie Ouest mais je n’ai jamais eu l’occasion de faire celle-ci, un peu moins réputée. Sa situation géographique est particulière car l’entrée et les principaux sentiers de randos se trouvent à quelques dizaines de mètres d’une zone résidentielle ! Pas terrible pour les photos mais en s’enfonçant un peu plus dans les terres, on finit par ne plus les voir. Après une première approche par la Cactus Forest Drive et deux très courtes balades (Mica View Trail et Desert Ecology Trail), j’emprunte plusieurs sentiers parmi le réseau assez dense à partir de Loma Verde. Là, les saguaros sont en grand nombre, bien que leur concentration me paraisse moins importante que dans la section Ouest du parc (où je retournerai dans quelques jours).

Saguaros et montagnes Rincon vues de Pink Hill Overlook, Saguaro East
Un saguaro à l'allure étonnante, Saguaro East
Saguaros et Rincon Mountains, Saguaro east

Les chemins sont plats, parfois dans le sable, mais sans difficulté. Mini coup de coeur pour Carrillo Trail et sa petite zone humide entourée de quelques saguaros, alors que le soleil commence à décliner doucement. Après cette boucle de 6 miles environ, il ne me reste qu’à terminer la Cactus Forest Drive au soleil couchant, en faisant plusieurs arrêts. Le sunset est sublime et conclut à merveille cette journée.

Petite zone humide à Carrillo Creek, Saguaro National Park section Est
Squeeze Pen Trail en fin d'après-midi, Saguaro East
Saguaros au coucher du soleil

Cactus Forest Drive en fin de coucher de soleil, Saguaro East
Panorama sur les montagnes et les environs de Tucson vus de Cactus Forest Drive, Saguaro East
J’ai toujours de l’avance dans mon programme initial et je me dis que c’est peut-être le bon moment pour la combler. Ce qui conditionne le choix de mon motel pour cette nuit. Ce sera donc dans le nord de Tucson, afin d’être dans la bonne direction pour l’Apache Trail et Lost Dutchman dès demain matin.

Samedi 3 novembre, scenic road et superstition

Il est déjà 8h30 quand je quitte le motel après avoir pris (un peu trop) mon temps. J’ai environ 2h de route pour rejoindre la ville de Globe, qui marque le début de l’Apache Trail. Un peu long, bien que la dernière partie traverse de belles zones montagneuses dont les flancs sont couverts de nombreux saguaros. A partir de Globe, l’Apache Trail est goudronnée jusqu’au lac Roosevelt (artificiel) où je fais un premier arrêt pour me rendre à Tonto National Monument. On y trouve deux habitations troglodytiques où vécurent les indiens Salado entre les 13ème et 15ème siècle. Je me contente de visiter Lower Cliff Dwelling, l’autre ne pouvant être découverte que par visite guidée (et fermée ce jour-là). La ruine en elle-même n’est pas très impressionnante mais la montée qui y mène, bordée de grands saguaros et d’une vue très agréable sur la vallée de la Salt River, est assez photogénique.

Une fois redescendu, je fais ma pause déjeuner avant de repartir sur l’Apache Trail. C’est au niveau du Roosevelt Dam que commence la partie non goudronnée. Une quarantaine de miles de piste carrossable par tout type de véhicules, qui traverse la chaîne des Superstition Mountains et distille quelques belles vues. Mes photos prises en plein après-midi ne rendent pas honneur aux paysages, mais j’imagine que ça doit être particulièrement beau aux extrêmes de la journée.

J’arrive à Lost Dutchman State Park, situé au début de l’Apache Trail (ou à la fin selon d’où vous venez !) en milieu d’après-midi. Ni une ni deux, je commence rapidement ma rando de la journée jusqu’au Siphon Draw. La montée bien tracée sur un large chemin est très facile et offre en permanence une vue sur les montagnes et son sommet imposant, le Flatiron. La pente devient un peu plus importante et le sentier plus étroit vers la fin avant d’arriver au Siphon Draw. J’y découvre alors une belle étendue de slickrock entourée des flancs de montagnes déchiquetés comme des aiguilles côtoyant quelques saguaros.

Section de slickrock au niveau de Siphon Draw dans Lost Dutchman State Park, Arizona
Flancs de montagnes très découpés et le Flatiron sur la droite, Lost Dutchman State Park
Le Flatiron, sommet de Lost Dutchman dans les Superstition Mountains
Je décide de continuer et la montée devient alors très pentue et glissante, obligeant à s’aider des mains. J’aimerais aller jusqu’au sommet du Flatiron mais j’ai commencé la rando trop tard. A mi-chemin entre Siphon Draw et le sommet, il ne me reste qu’une heure de jour à tout casser. En allant vite, c’est peut-être jouable mais ça voudrait dire ne pas profiter bien longtemps de la vue au sommet, belle mais pas tellement photogénique d’après ce que j’ai lu. Je ne voudrais pas non plus être pris par la nuit, d’autant que je n’ai pas ma frontale avec moi. Je rebrousse finalement chemin en me disant que je ferai probablement de meilleures photos du sunset en bas du sentier. Je prends par le raccourci Jacob’s crosscut trail qui permet d’avoir de belles vues sur la montagne rougeoyante au coucher du soleil. Le ciel se pare ensuite de superbes couleurs.

Début du coucher de soleil sur les Superstition Mountains dans Lost Dutchman
Un cholla cactus au coucher du soleil dans Lost Dutchman State Park, Arizona
Saguaros et les Superstition Mountains dans Lost Dutchman au coucher du soleil
Un saguaro dans Lost Dutchman avant la tombée de la nuit
Je quitte Lost Dutchman de nuit pour une bonne heure de route encore. Je m’arrête dans un motel quasiment à mi-chemin entre Phoenix et Tucson le long de l’I-10. Je ne sais pas encore exactement ce que je vais faire demain mais la nuit porte conseil !

Dimanche 4 novembre, à la recherche des antilopes cachées

Après réflexion, je ne vais pas aller aujourd’hui dans la section Ouest de Saguaro afin d’éviter l’overdose de cactus. J’irai plutôt demain. A la place, je vais faire quelque chose d’un peu différent ce matin en me dirigeant vers Tumacacori et sa Mission San Jose pour une petite pause Histoire. Passage par Tucson puis direction le sud par l’I-19, une Interstate un peu particulière. En effet, quelle n’est pas surprise quand je vois les distances sur les panneaux indiquées en kilomètres et non pas en miles ! Il semblerait que ce soit la seule route des Etats-Unis qui utilise le système métrique (mais elle conserve les limitations de vitesse en miles per hour). J’arrive à Tumacacori vers 9h, alors que les portes viennent d’ouvrir. On me remet une petite documentation avec quelques explications et c’est parti pour la visite en solo. Construite en 1751 par les Jésuites espagnols puis administrée ensuite par les Franciscains, la Mission San Jose de Tumacacori ne fut jamais complètement achevée. En 1848, elle fut abandonnée à la suite notamment de raids des Apaches. Elle a depuis été en partie restaurée mais maintenue dans un état de “ruine arrêtée” pour garder plus d’authenticité. Le site est relativement étendu et comprend aussi quelques bâtiments adjacents, un verger et un très court sentier menant à la rivière Santa Cruz.

Mission San Jose de Tumacacori, Arizona
Arrière de la Mission San Jose de Tumacacori où se situe le cimetière

C’est finalement assez rapide et je repars en milieu de matinée en direction de Buenos Aires National Wildlife Refuge. Un premier arrêt à Arivaca pour faire la balade Arivaca Cienega Trail (1,3 mile) puis un deuxième quelques centaines de mètres plus loin pour Arivaca Creek Trail (1,5 mile).

Paysage de Buenos Aires National Wildlife Refuge, à Arivaca Cienega Trail
Deux zones humides mais asséchées lors de ma venue, où l’observation d’animaux est très courante. Sans doute ont-ils eu peur de moi car je n’en ai pas vu un seul, pas même un oiseau ! Je poursuis donc ma route jusqu’à l’entrée officielle de Buenos Aires et me dirige vers le visitor center. Sauf que nous sommes dimanche et que celui-ci est fermé. Pas grave, j’avais un peu préparé ma visite et prévu de faire la piste Pronghorn Drive, une boucle de 10 miles. Celle-ci est réputée, comme son nom l’indique, pour l’observation d’antilopes d’Amérique mais aussi d’autres mammifères et de nombreux oiseaux rares. La piste est de bonne qualité et le paysage de plaines jaunies par le soleil me rappelle un peu la savane sud-africaine.

Paysage de plaines le long de la piste Pronghorn Drive, Buenos Aires National Wildlife Refuge
Vue sur le Boboquivari et les plaines alentours le long de la piste Pronghorn Drive à Buenos Aires National Wildlife Refuge
Ça tombe bien, je souhaitais justement partir à la recherche d’animaux et retrouver ce petit côté safari, tout en sachant pertinemment que la faune ne serait pas aussi nombreuse. Je roule au pas, je m’arrête et stoppe le moteur pour écouter les bruits de la nature, je scrute à droite, à gauche. Mais encore une fois, rien ! Décidément, quand ça ne veut pas… Je vois bien deux ou trois oiseaux colorés et plutôt jolis mais voilà que la mise au point de mon objectif 150-600 mm me fait des misères ! Je me contenterai donc du paysage et de cette jolie vue sur le sommet de la région, le Boboquivari.

Vue sur le Mont Boboquivari à Buenos Aires National Wildlife Refuge

Je quitte donc Buenos Aires un peu déçu mais persuadé que cet endroit réserve de belles surprises, à condition d’y être au bon moment et d’y rester plus longtemps. Retour vers Tucson près de Saguaro West où je referai quelques courtes marches demain matin. Je m’arrête au Gilbert Ray Campground, situé dans Tucson Mountain Park, où la concentration en saguaros est assez impressionnante. Je me dégote un emplacement tranquille où le ciel d’Arizona me gratifie de merveilleuses couleurs.

Belle concentration de cactus saguaros dans Tucson Mountain State Park, près de Gilbert Ray Campground
Fin de coucher de soleil à Gilbert Ray Campground dans Tucson Mountain State Park
Heure bleue à Tucson Mountain State Park, au camping Gilbert Ray

 

A suivre dans l’épisode 5 de Road Trip en solo Automne 2018 : les montagnes et cactus d’Organ Pipe le long de la frontière du Mexique et les oasis et badlands d’Anza Borrego !

2019-07-19T17:14:04+00:006 juillet, 2019|Récits de voyage|Aucun commentaire

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