ROAD TRIP EN SOLO AUTOMNE 2018 (épisode 3) – jours 13 à 18

Ce troisième épisode de mon road trip solo de 2018 se déroule au Nouveau-Mexique avec une incursion au Texas. Des badlands du nord-ouest où je me trouvais déjà la veille aux superbes Guadalupe Mountains, en passant par White Sands. Voici l’itinéraire :

Itinéraire de la troisième partie de mon road trip de l'automne 2018
Mercredi 24 octobre, en terrain volcanique

Le ciel est encore bouché ce matin mais je vais quand même tenter ma chance à Lybrook Badlands, près de Nageezi, que j’avais prévu à mon itinéraire. Après un ravitaillement alimentaire, c’est parti pour quelques dizaines de miles de bitume suivis de pistes boueuses mais qui ne posent pas réellement de problème… jusqu’à la dernière portion. Le sol est incroyablement glissant et la voiture part en crabe, même à moins de 5 miles à l’heure ! Impossible d’aller plus loin. Il faudrait attendre que ça sèche mais ce ne sera pas avant deux jours s’il ne pleut pas de nouveau. Je fais donc demi-tour avec difficulté pour retrouver une piste plus convenable. Encore un site où je n’irai pas cette année malheureusement. Je souhaitais pourtant y rester toute la journée voire y passer la nuit. Je crois qu’il est désormais temps de dire au revoir aux badlands et de partir plus au sud, direction El Malpais. Deux bonnes heures de route, une pause déjeuner et je n’y suis qu’en début d’après-midi.

Je me rends d’abord dans la section El Calderon pour y faire une petite marche de 3 miles environ. On y trouve aussi quelques caves creusées par la lave, qui nécessitent néanmoins d’avoir un permis gratuit que l’on peut obtenir au visitor center. Mais un peu perturbé par ces changements de programme, j’ai complètement oublié d’aller chercher ce permis. Je commence donc ma marche et me rends compte au bout de quelques centaines de mètres que la première cave n’est actuellement pas accessible en raison de la présence d’une colonie de chauve-souris. Un peu plus loin, l’autre cave est également fermée. Je me contente donc de cette petite balade sans difficulté, sympa mais pas transcendante. Quelques jolies vues cependant, notamment quand on trouve au sommet du petit cratère.

Je souhaite ensuite aller dans la section de Big Tubes mais un panneau m’indique que la piste est impraticable à cause des pluies récentes. C’est dommage car c’est vraisemblablement la zone la plus intéressante d’El Malpais d’un point de vue volcanique. On peut y découvrir plusieurs grottes qui, là encore, nécessitent un permis ainsi qu’une bonne carte et des chaussures à la semelle solide car les rochers y sont très tranchants. Tant pis, je me console en me disant que j’ai déjà fait celles de Lava Beds dans le nord de la Californie. A la place, je vais visiter Ice Cave et Bandera Volcano, un site privé qui ne fait pas officiellement partie d’El Malpais. C’est donc payant (12 $ quand même) mais au moins, il n’y a pas de piste fermée pour y accéder. Je commence par Ice Cave à laquelle on accède après une courte marche. La température de cette grotte ne dépasse jamais 31° Fahrenheit (un peu moins de 0°C), ce qui permet à la glace de ne jamais fondre, même en plein été. Une algue s’est formée dans cette glace et lui donne couleur verte. C’est assez étonnant à voir, à défaut d’être vraiment beau.

Des algues donnent cette couleur verte à Ice Cave, une grotte de glace permanente
Je reviens ensuite à mon point de départ pour entamer l’autre marche, qui permet d’atteindre Bandera Crater. Le sentier en légère montée fait moins d’un kilomètre mais il commence de nouveau à pleuvoir à mi-chemin. Une fois au bord du cratère, je ne peux rester bien longtemps car c’est un déluge qui s’abat. Ni une ni deux, je repars en courant et en protégeant mon appareil photo comme je peux.

Paysage de lave solidifiée le long du sentier vers Bandera Volcano
Cratère de Bandera Volcano près de Ice Cave dans une section privée jouxtant El Malpais
Je ne peux rien faire de plus dans ce secteur d’El Malpais et le soleil commence déjà à descendre vers l’horizon. Pas de motel ce soir, je vais dormir à Joe Skeen Campground, le camping situé près du visitor center de la zone Est du parc. J’arrive malheureusement quelques minutes trop tard pour profiter du coucher de soleil sur Sandstone Bluffs Overlook, le ciel s’étant entre-temps dégagé. Cette journée aura été particulièrement peu productive et j’espère donc me rattraper demain !

Jeudi 25 octobre, chapiteaux de pierre

Ce sont les hurlements des coyotes qui me réveillent peu de temps avant le lever du soleil. Voilà une journée qui commence bien ! Je débute par Lava Falls, une petite balade dans un champ de lave dans le sud du parc. Il est encore tôt et pas une personne à l’horizon ni un seul bruit. Il n’y a pas de sentier à proprement parler mais de nombreux cairns à intervalles réguliers pour se diriger. Difficile de se perdre dans ces conditions. Par contre, il faut bien faire attention où l’on marche pour ne pas se coincer un pied dans une faille entre deux blocs de lave solidifiée. Ou pour ne pas tomber… Pour cette raison, je déconseille d’effectuer cette balade avec des enfants. J’effectue la marche à un rythme tranquille, alors que les rayons du soleil réchauffent progressivement l’atmosphère encore bien fraîche. Le paysage pourrait paraitre monotone mais j’aime beaucoup le contraste entre le noir de la lave et les nombreux arbustes qui accrochent la douce lumière du matin.

Je suis de retour à la voiture après une trentaine de minutes. C’était court mais plutôt sympa et ça m’a au moins dégourdi les jambes. Je reprends la route en sens inverse pour m’arrêter d’abord à La Ventana Arch, superbe et qui ne demande aucun effort.

La Ventana Arch, El Malpais National Monument
Il me semblait que l’on pouvait s’en approcher mais il y a des barrières que je préfère ne pas franchir devant deux autres personnes présentes. Quelques miles plus loin, c’est Sandstone Bluffs Overlook, d’où l’on a un très beau panorama sur les environs.

Ma découverte d’El Malpais, plus courte que prévue, s’arrête là. Direction Albuquerque pour déjeuner puis Kasha Katuwe Tent Rocks, que je ne connais pas encore. Le coin est beaucoup plus touristique et le parking plein à craquer. Ça me change des jours précédents ! Je commence par Cave Loop Trail qui permet d’avoir un premier aperçu des paysages. Je passe devant la petite grotte qui fût autrefois habitée avant d’arriver à l’intersection avec Slot Canyon Trail.

Comme son nom l’indique, le sentier passe dans des sections étroites où il faut parfois laisser passer les personnes venant en sens inverse. Je croise d’ailleurs plusieurs familles dont les enfants ont l’air de bien s’amuser. Il faut dire que le chemin est assez ludique et il faut même utiliser ses mains à quelques reprises. Ce n’est que dans le dernier tiers qu’apparaissent les principaux hoodoos. Ils sont plus grands que je pensais et assez massifs. Dans la dernière montée, je me retourne pour avoir cette vue magnifique.

Vue principale de Slot Canyon Trail sur les tentes de Kasha Katuwe Tent Rocks
Principaux cônes de Kasha Katuwe Tent Rocks vus de Slot Canyon
Celle du sommet n’est pas mal non plus. Un superbe panorama sur le canyon et les chaînes de montagnes des alentours (Jemez, Sangre de Cristo et Sandia).

Sentier de randonnée de Slot Canyon Trail entre les deux falaises, Kasha Katuwe Tent Rocks
Hoodoos et vue sur le slot canyon, Kasha Katuwe Tent Rocks
Je reste en haut une vingtaine de minutes avant de commencer la descente. En dehors d’un petit coup de main à une personne âgée en difficulté pour passer un obstacle, le retour est vite effectué. Je retrouve l’intersection avec l’autre sentier dont j’effectue la fin de la boucle. Il est 16h quand je quitte Kasha Katuwe Tent Rocks.

J’avais prévu de dormir à Santa Fe ou Albuquerque mais je vais finalement aller plus au sud. Etant donné que j’ai un peu de temps devant moi, j’emprunte la Turquoise Trail qui relie les deux villes. Depuis mon premier passage ici en 1995, cette route a malheureusement beaucoup perdu en authenticité. Trop de touristes dans les nombreuses boutiques qui longent la route à Madrid. Je préfère ne pas m’arrêter et continuer d’une traite jusqu’à destination. Ce sera à Socorro, à 75 miles au sud d’Albuquerque. Je serai ainsi tout près de l’entrée de Bosque Del Apache.

Vendredi 26 octobre, ornithologie et pétroglyphes

Le mauvais temps semble définitivement derrière moi car il fait toujours très beau quand je me réveille. Direction le Wildlife Refuge de Bosque Del Apache, réputé pour ses envols de grues du Canada tous les matins aux aurores à partir de mi-novembre. Nous ne sommes que fin octobre et je n’aurais pas cette chance, mais j’espère quand même voir quelques spécimens de ces oiseaux.

Je commence par la route sud et je m’arrête pour une première balade à Marsh Loop, un petit sentier autour d’une zone marécageuse. A cette saison, c’est à sec mais j’entends tout le long des bruits venant de la végétation. Quelques oiseaux dont un superbe grand héron et une rencontre avec une belle mouffette qui prend peur à mon arrivée et que je n’ai pas le temps de photographier.

Un grand héron dans Bosque Del Apache, Nouveau-Mexique
Tortue dans un marais de Bosque Del Apache
Une petite déviation m’amène à un joli point de vue qui domine la plaine. La boucle terminée, j’emprunte une promenade en bois très bien aménagée qui longe un étang entouré de grandes herbes et de roseaux. J’aperçois alors, au loin, une nuée d’oiseaux que je ne parviens pas à distinguer clairement.

Je reprends la route jusqu’au sentier suivant, John P. Taylor Jr Memorial Trail. Très court, il s’arrête devant une plaine herbeuse où des centaines de grues jacassent et se nourrissent. Plutôt impressionnant à voir, mais qu’est-ce que ça doit être quand elles sont des milliers ! Parfois, des petits groupes s’envolent à la recherche d’un endroit qui leur convient mieux, toujours dans les proches environs. Je reste là près d’une heure à les observer, au sol ou dans les airs, et à les photographier.

Attroupement de grues du Canada, Bosque Del Apache
Envol de grues du Canada, Bosque Del Apache
Grues du Canada en vol au-dessus de Bosque Del Apache, New Mexico
Grues du Canada survolant Bosque Del Apache
Les grues du Canada (sandhill cranes) ont belle allure en plein vol au-dessus de Bosque Del Apache
Petit groupe de grues du Canada en vol, Bosque Del Apache
Un peu plus loin sur la route, le départ d’un autre sentier que je veux prendre, Rio Viejo Trail. Il est situé à quelques dizaines de mètres du Rio Grande, ce qui explique la luxuriance de la végétation. Mais c’est infesté de moustiques et je suis obligé de faire demi-tour au bout de 200 mètres et déjà une dizaine de piqûres ! Ça me rappelle les attaques de moustiques des Everglades en plein été ou celles à Crater Lake en juin 2015. Retour en courant pour ensuite faire la boucle nord en voiture. Pas de sentier dans ce secteur mais quelques arrêts à la recherche d’animaux. Malheureusement, peu à se mettre sous la dent en dehors d’un important groupe d’oies des neiges et d’un coyote, au loin.

Malgré cela, j’aime beaucoup Bosque Del Apache car les paysages y sont différents et agréables à défaut d’être spectaculaires. Et je n’y aurais croisé que quelques voitures et piétons. Il faudrait donc que j’y revienne à une autre période. Je termine ma visite par une dernière balade située le long de la route NM-1. Rien d’exceptionnel dans ce Canyon National Recreation Trail mais un joli panorama en haut d’une petite montée qui domine tout Bosque Del Apache. Je fais d’ailleurs un autre arrêt voiture pour un autre point de vue un peu plus au sud, avant de partir en direction de White Sands.

J’emprunte l’US-380 jusqu’à Carrizozo (!) puis l’US-54 vers le sud. Avant d’arriver à Alamogordo, je fais un détour par Three Rivers Petroglyph.  Ce petit site privé abrite des milliers de pétroglyphes des Indiens Mogollons qui vécurent ici il y a environ 1000 ans. On peut les découvrir sur des rochers longeant le sentier d’1 mile A/R, entouré des San Andres Mountains à l’Ouest et de la Sierra Blanca à l’Est. C’est joli, instructif et on ne peut pas dire que ce soit la grande foule sur le sentier. J’y reste 1h30 avant de repartir, le soleil commençant déjà à décliner.

Trop tard pour faire le sunset à White Sands, le soleil est déjà presque couché quand j’arrive à Alamogordo. Je suis donc à mon motel assez tôt, vers 19h. J’en profite pour faire un peu de rangement dans la voiture et nettoyer le matériel photo avant d’affronter les grains de sable de White Sands demain.

Samedi 27 octobre, un océan de blanc

Je me réveille pas trop tard et me dirige vers la salle où se trouve le petit-déjeuner, mais la porte est fermée. J’attends une quinzaine de minutes mais toujours personne, pas même un client. Et le lobby du motel n’est pas encore ouvert. Bizarre, je n’ai pourtant pas eu de changement d’heure… Je ne vais pas perdre plus de temps et je me contenterai donc de quelques corn-flakes. Pour commencer la journée, je me réapprovisionne d’abord au Walmart du coin car je commence à manquer sérieusement d’un peu de tout. La matinée est déjà bien avancée quand j’arrive à White Sands. Je suis déjà venu ici en 2012 mais je n’y avais fait que l’Alkali Flat Trail, que j’avais adoré et que j’ai prévu de refaire aujourd’hui en plus d’autres courtes balades.

D’abord, un rapide tour à Playa Trail (bof) puis Dune Life Nature Trail, où la végétation est encore assez importante. Il y a même un cottonwood dont les feuilles jaunes et vertes forment un joli contraste avec le blanc du sable.

Un cottonwwod en milieu d'automne parvient à pousser dans le désert blanc de White Sands
Par contre, on est samedi, chose que je n’avais pas anticipée comme lors de mon premier jour à Trona Pinnacles. C’est donc assez fréquenté mais pas non plus au point d’être insupportable. Un petit tour ensuite à l’Interdune Boardwalk, intéressant pour les personnes à mobilité réduite, puis je me rends dans une zone de pique-nique. Là, c’est un peu l’horreur. Plein de tables alignées, heureusement protégées du soleil par un petit toit, et surtout beaucoup de monde et de bruit. Certains ont même apporter leurs grosses enceintes pour bien faire profiter de leur musique à tout le monde ! Autant vous dire que je mange en quatrième vitesse pour me diriger au plus vite vers l’Alkali Flat Trail. Parking bondé… Je commence ma marche, un peu inquiet de ne pas retrouver la solitude de 2012. Il y a bien quelques personnes lors des premières centaines de mètres mais ensuite, plus un chat. Le désert total. Ouf.

Désert de White Sands et montagnes San Andres en arrière-plan, New Mexico
Immensité du désert de gypse blanc et des dunes de White Sands, New Mexico

Et contrairement à ma visite en 2012, il ne fait pas 38°C à l’ombre mais environ 22°C. C’est parfait. J’ai décidé de prendre mon temps et de sortir du chemin conseillé pour aller explorer des endroits où je n’étais pas allé il y a six ans. Comme ces concrétions de gypse solidifié que tente d’envahir la végétation.

Un Skunkbush Sumac sur une butte de gypse durci dans White Sands
Végétation au milieu des dunes de gypse blanc de White Sands, Nouveau-Mexique

Un peu plus loin, c’est une véritable mer de sable à 360°. Qu’est-ce que c’est beau ! Pour une fois, l’après-midi est idéal pour les photos afin d’obtenir un bon rendu des dunes blanches.

Quelques minutes de repos et de contemplation du paysage de White Sands

Par endroits, la végétation parvient à pousser, comme ces bouquets de bigelovie puante dont la couleur jaune se marie parfaitement à la blancheur du sable. Il y a aussi plusieurs passages où le gypse s’est déjà en partie solidifié et forme de grandes trainées.

Bouquets de bigelovie puante au milieu des dunes de White Sands
Petites formations de gypse au milieu des dunes de White Sands
Gypse en cours de solidification en forme arrondie dûe au vent, White Sands
Trois heures après mon départ, j’arrive à la fin de la boucle pour constater que le parking s’est en grande partie vidé. J’avais adoré l’Alkali Flat Trail en 2012, mon retour ici m’a donné entière satisfaction ! Mais ma journée à White Sands n’est pas encore finie car le soleil commence doucement à descendre. Je m’arrête un peu plus au sud de l’Alkali où j’aurais finalement du rester car il y a beaucoup de touristes ici et donc de nombreuses empreintes de pas peu esthétiques. Tant pis, je vais essayer de les éviter au maximum. Le paysage se pare progressivement de belles couleurs de coucher de soleil. Du doré au rose pastel avant de disparaître derrière les montagnes.

Coucher de soleil sur les dunes de Whites Sands National Monument
Un Yucca au coucher de soleil de White Sands, New Mexico
Paysage des dunes de White Sands au coucher du soleil, New Mexico
Désert blanc de White Sands après le coucher du soleil, Nouveau-Mexique
Herbes alcali sur les dunes de White Sands après le coucher du soleil


C’est l’heure de rentrer pour ma deuxième nuit à Alamogordo, dans un autre motel (le Days Inn, l’un des moins chers de la ville). Repas acheté au supermarché du coin et mangé dans la chambre devant une petite série puis au lit pas trop tard. J’ai d’autres randos qui m’attendent dans les jours à venir.

Dimanche 28 octobre, festival de couleurs

Ce matin, j’ai près de 3h de route pour rejoindre Guadalupe Mountains en passant par El Paso. Cette chaîne de montagnes, la plus haute du Texas, semble comme posée au milieu de plaine.

Massif des Guadalupe Mountains vu de la route US-62 dans l'ouest du Texas
Je fais ma pause déjeuner plus tôt que prévu avant de passer au visitor center de Pine Springs récupérer quelques infos et une carte. Puis, passage au camping pour réserver une place. N’ayant pas de tente, je suis obligé d’aller dans le coin des trailers et RV, sur une place de parking…. Peu importe, la vue est pas mal et le sentier de demain matin est situé à quelques mètres seulement. J’ai encore 20 minutes de route pour me rendre à l’autre visitor center, celui qui gère McKittrick Canyon où j’ai prévu ma rando de la journée. C’est le meilleur moment de l’année pour s’y rendre car les feuilles des arbres y prennent de belles couleurs automnales. Mon permis (gratuit) en poche, c’est parti pour une dizaine de kilomètres sans difficulté. Le sentier est parfaitement tracé et entretenu et j’y croise quelques personnes dont une Ranger qui me dit que je vais être ébloui. Bon, j’attends de voir. La première partie est jolie mais pas non plus phénoménale. Une petit cours d’eau à traverser, puis un deuxième.

Les montagnes sont de plus en plus belles, différentes de ce que l’on voit ailleurs dans l’Ouest. Elle sont couvertes d’une végétation très dense qui donnent un côté “exotique” au paysage (d’où le nom de Guadalupe ?). A Pratt Cabin, les arbres commencent en effet à prendre quelques couleurs. Puis, jusqu’à The Grotto, c’est une véritable explosion de jaune, orange, rouge et vert. Des couleurs très vives qui tranchent avec le bleu intense du ciel. Je crois bien que je n’ai jamais vu un tel panaché de couleurs dans la nature.

Montagnes de McKittrick Canyon dans leur environnement, Guadalupe Mountains
Couleurs automnales dans McKittrick Canyon, Guadalupe Mountains
Paysage et végétation colorée de McKittrick Canyon dans Guadalupe Mountains National Park
Détail des arbres colorés de McKittrick Canyon, Guadalupe Mountains
J’avais décidé de venir ici à cette période sans me douter que les couleurs automnales seraient à ce point spectaculaires. Une très belle surprise pour moi, l’une de celles qui marquent un voyage. Court arrêt à la fameuse petite grotte puis quelques dizaines de mètres plus loin à Hunter Cabin avant de revenir sur mes pas. Le sentier continue au-delà de The Grotto mais grimpe sur plusieurs miles et nécessite donc une journée complète de marche A/R pour aller jusqu’à The Notch puis McKittrick Ridge, voire une nuit sur place. Je fais donc le sentier en sens inverse tranquillement, en multipliant les arrêts, ce qui me permet de faire quelques rencontres avec des mule deers.

Hunter Cabin, juste après The Grotto dans McKittrick Canyon, Guadalupe Mountains

J’aurais aimé rester plus longtemps mais le secteur de McKittrick n’est ouvert que jusqu’à 18h. Dommage, ça doit vraiment être incroyable au sunset. Je suis donc de retour à mon parking pour une soirée tranquille. Préparation du repas et du sac à dos pour le lendemain puis petite série pour se détendre. A 20h, tous les camping-cars sont éteints. Tellement couche-tôt ces Américains ! Mais je ne tarde pas non plus à y aller…

Lundi 29 octobre, au plus haut du Texas

Il fait encore nuit lorsque je me réveille, l’objectif étant de partir au début du lever de soleil pour ma randonnée. La météo est idéale pour aller au sommet de Guadalupe Peak, le point culminant du Texas (2667 m). Le sentier de 13,5 km A/R est annoncé pour une durée entre 6h et 8h de marche. Les Américains ont beau augmenter les durées, ça me semble vraiment excessif pour le coup. Je me rends compte rapidement que le chemin est en montée constante mais régulière (dénivelé de 900 m), donc pas tellement difficile.

Sentier en lacets de Guadalupe Peak Trail et parking du point de départ, Guadalupe Mountains
Montagnes vues du sentier de Guadalupe Peak lors de l'ascension, Guadalupe Mountains
Petit pont de bois lors de la randonnée de Guadalupe Peak, Guadalupe Mountains
Guadalupe Peak (à droite) vu du sentier de randonnée, Guadalupe Mountains
Belles montagnes, jolies couleurs automnales et pas un seul autre randonneur pour le moment : c’est vraiment une randonnée très agréable. La dernière partie est un peu plus pentue mais j’arrive au sommet en 2h seulement. Et quelle vue d’en haut ! El Capitan juste en-dessous de moi et les plaines et reliefs du Texas à perte de vue.

Panorama sur les étendues de l'ouest du Texas avec El Capitan au premier plan vus du sommet de Guadalupe Peak, Guadalupe Mountains
El Capitan vu du sommet de Guadalupe Peak, Guadalupe Mountains
Sommet de Guadalupe Peak, point culminant du Texas. On peut y mettre son nom pour la postérité !
Par contre, il y a un vent à décorner les boeufs. Je me trouve un petit coin à l’abri dont je pars lorsqu’une première autre personne arrive. Après une quarantaine de minutes à profiter du paysage, je prends donc le chemin du retour. Je me rends compte quelques minutes plus tard que j’ai complètement oublié de signer le registre qui se trouve au sommet dans une boîte. Tant pis ! J’accélère le mouvement dans la descente qui m’occasionne quelques douleurs à un genou mais je suis au parking en moins d’1h30. Après mon repas englouti à même pas 11h, je reprends la route en direction de Las Cruces. Je trouve un Days Inn pas cher et assez confortable où je vais pouvoir faire une lessive. Je m’accorde l’après-midi de repos et en profite pour refaire quelques courses et trier puis développer rapidement des photos à partager sur ma page Facebook. Le beau temps est annoncé pour tout le reste de la semaine mais pas pour demain. Retour de la pluie après quelques jours de calme météo ? On verra bien…

 

A suivre dans l’épisode 4 de Road Trip en solo Automne 2018 : les hoodoos de Chiricahua et les forêts de cactus de Saguaro !

2019-04-16T19:35:44+00:0025 mars, 2019|Récits de voyage|Aucun commentaire

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