VOLCANS ET GÉANTS DES CIMES (épisode 4) – jour 12 à 16

Vendredi 3 juillet, pont légendaire et humeur chinoise en Californie

Dur d’émerger ce matin, à 6h45. Une bonne douche et ça va tout de suite mieux ! Ça piaille toujours, dehors, dans le jardin. Le soleil éclaire les collines. Mine de rien, on resterait bien encore un peu dans ce cadre verdoyant, à la campagne, dans la grande banlieue de San Francisco. On prend un bon petit-déjeuner, en prenant notre temps. Résultat : on quitte le motel pas très tôt, à 8 h 45. Direction Sausalito, à l’entrée nord du Golden Gate Bridge, emblématique pont autoroutier reliant Sausalito à la ville de San Francisco au-dessus de la baie. Sur l’autoroute, comme sur d’autres que nous avons empruntées, il y a une troisième voie, à gauche. Elle est réservée au covoiturage (« carpool if 2 or more per car ») et aux bus. Là, forcément, c’est pratique en cas de circulation dense. Plus on avance, plus le brouillard est épais sur la banlieue de Sausalito et les collines verdoyantes, densément arborées. 9 h, 62 ° Fahrenheit dehors. Fraîcheur marine.

On se stationne sur un parking du port (3 $ de l’heure). On se promène une petite heure le long de la baie, parmi ses luxueux magasins de souvenirs, ses cafés et restaurants qu’on devine chers et avec de bons produits, ses vraies viennoiseries, ses maisons sur pilotis aux petites plages privées, ses cyclistes et ses joggeurs en pleine santé courant ou se promenant avec leurs chiens, ses maisons aux façades à la fois victoriennes et modernes, ses restaurants sur pilotis s’avançant dans l’eau, ses petits jardins et parterres de fleurs, ses rues pentues…

Maisons au bord de l'eau à Sausalito, de l'autre côté du Golden Gate Bridge de San Francisco
Un restaurant sur pilotis de Sausalito avec vue sur San Francisco et sa baie, Californie
C’est chic et « healthy ». Peut-être un peu (trop ?) humide. Là, avec cette partielle impression, à cet instant, si on avait l’opportunité et les moyens de séjourner quelque temps par ici… on dirait oui !

On quitte Sausalito avant de se rendre compte qu’on a complètement oublié d’aller voir la célèbre zone des house boats, ces bateaux anciennement habités par des hippies et qui créent une sorte de ville flottante. Tant pis, ce sera pour une autre fois (je les avais vus il y a une vingtaine d’années mais j’imagine que le coin a bien changé). On se rend ensuite au Golden Gate Recreation Area par une petite route serpentant des collines. Au visitor center – dans une ancienne église qui fait office de boutique et de musée ! – un ranger nous indique où aller pour avoir une vue du Golden Gate Bridge en contrebas. Pas évident de se stationner à ce point de vue car il y a peu de places de parking et pas mal de monde. Il y a beaucoup de vent qui nous fouette le visage. La purée de pois recouvre et découvre constamment le pont qui joue à cache-cache avec le soleil. On arrive à prendre quelques photos mais ce n’est pas évident et le résultat franchement brumeux !

Le brouillard est très fréquent dans la baie de San Francisco et sur le Golden Gate Bridge
On redescend pour se stationner au pied du Golden Gate Bridge, pour prendre des photos bien sûr. Et marcher, pendant presque une heure, sur la partie cycliste et piétonne de cet immense pont ferrailleux. Ça grouille de touristes – mais il y a de la place pour tout le monde – ça vibre, ça tremble sous nos pas. Le flot de véhicules est continu. C’est bruyant, mais supportable. Et surtout, c’est immense et… beau, cette géométrie ! Câbles, rambardes, lampadaires, tours, piles… Deux voies de chaque côté. Une centaine de mètres plus bas, l’entrée de la baie. Celle-ci se voile et se dévoile, mais dans l’ensemble, c’est ensoleillé. On voit aussi l’île d’Alcatraz, où nous nous rendrons le lendemain matin. Il est plus de 12 h 30 quand on quitte le pont.

On retourne au visitor center du Golden Gate Recreation Area pour déjeuner sur une table de pique-nique. Avant de prendre la direction de notre hôtel pour poser nos affaires. En retraversant le Golden Gate, en cette veille de 4 Juillet, Fête nationale américaine, on voit sur le côté piétonnier une longue file de manifestants entrant dans la ville pour protester contre les vaccins obligatoires (« no forced vaccines »). On est étonné de constater que la traversée du pont est gratuite. Peut-être à cause du 4 Juillet ? En fait, on apprendra bien plus tard que le passage sur le pont se programme et se paie (pour aller vers San Francisco) par Internet ! On risque donc de recevoir des contraventions…

On arrive un peu avant 15 h 30 au Grant Hotel, où nous passerons deux nuits. Notre voiture stationnera dans le parking d’en face. Un peu plus de 26 $ la journée. On pose enfin le pied dans notre chambre, au 3e étage. Aucune vue, mais tout à fait correcte, cette chambre, avec la salle de bain privée demandée (ici, c’est un luxe !). Une demi-heure plus tard, délestés de nos gros bagages, nous voilà équipés plus légèrement pour partir explorer les alentours. On part vers Union Square. Tout en déambulant dans les rues de notre quartier et celles de Financial District (grands immeubles, façades de grandes sociétés), on cherche l’arrêt de cable-car qu’on devrait prendre demain matin. Ce faisant, on voit une sacrée file d’attente à un autre arrêt de cable car… Et c’est 7 $ pour un trajet (à moins de prendre un pass à la journée ou pour trois jours). D’accord, c’est rigolo de se tenir à la barre extérieure de ce drôle de vieux wagon de tramway. Mais on y est serré comme des sardines, et c’est lent et cher… Et puis nous, on préfère marcher ! Alors on décide finalement de ne prendre aucun ticket et de faire à pied le lendemain le trajet jusqu’à l’embarquement pour Alcatraz.

Vue en contre-plongée de la Transamerica Pyramid, dans le quartier des finances de San Francisco   Cable Car remontant une rue très pentue de San Francisco

Le quartier de Union Square est plutôt sympa et animé. Des restaurants, cafés et commerces et quelques arbres et plantes. C’est à la fois urbain et un brin bucolique. 18 h 10. Il n’est pas très tard, mais on a déjà bien trottiné. On a envie de se poser. En même temps, on s’enquiert d’un restaurant où dîner. Pour ne pas faire compliqué, on a bien envie de retourner au restaurant chinois qu’on avait testé en 2009, The House of Nanking, dans Chinatown. On avait un très bon souvenir des plats. Bon, le service est un peu rustre, voire inexistant, mais rapide. On mange par tablée mais ce n’est pas dérangeant. C’est bruyant, mais sans musique. Les serveurs courent partout, et comme la file d’attente est continue, les tables, prestement nettoyées, sont inoccupées moins d’une minute. Bref, on a envie d’y retourner.

Quelque dix minutes de marche entrecoupées de pauses photos plus tard, nous voilà dans la file d’attente, avec une dizaine de personnes devant nous. Contre toute attente justement… on n’attend que deux minutes à peine. Celle qui pourrait être la patronne vient nous chercher parce que deux places viennent de se libérer. « You are two ? Yes. Follow me ! » On n’en revient pas. 18 h 50 et on passe déjà à table. Samossas frits, poulet au sésame et des sortes de tortillas à remplir de bœuf cuit pendant cinq heures, avec des légumes sautés et du riz. Goûteux, parfumé et savoureux. Très bon et pas trop cher : 30,61 $. C’est bien pour la nourriture qu’on est revenu dans ce resto, même si on a des doutes sur l’hygiène irréprochable.

On continue ensuite à déambuler dans Chinatown. Avec ses magasins de souvenirs tape-à-l’œil. Ses fast-foods et restaurants asiatiques (chinois, vietnamiens, thaïlandais…) dont on devine la qualité (plus ou moins douteuse) en jetant un coup d’œil sur les portes ouvertes des cuisines où les brigades en sueur sont à l’ouvrage.

Quartier de Chinatown à San Francisco

Ses lampions rouges fixés aux murs mais pas encore illuminés. Ses joueurs de cartes ou dominos (mah-jong) attablés, riant derrière une porte grillagée. Ses Chinoises qui font de la gymnastique énergétique (qi gong ?) dans un coin de parc vert, avec des gestes lents et synchronisés, en musique. Sa porte d’entrée traditionnelle chinoise… On visite aussi un peu le quartier résidentiel de Nob Hill, en remontant par des rues bien pentues, dont la California Street.

Rue pentue et buildings du quartier de Financial District à San Francisco laissant apparaître dans le fond le Bay Bridge
Là, les véhicules en stationnement ont intérêt à avoir de bons freins ! On croise beaucoup de touristes en famille, de vagabonds, de locaux multiethniques. Rien que dans ce bout de San Francisco, c’est le melting-pot assuré.

On revient vers 20 h 50 dans notre chambre, assez fatigués. L’air de la mer, l’humidité ambiante, le vent et la température fraîche (il a dû faire dans les 20 ° Celsius au plus fort de la journée) n’y sont pas pour rien. On n’a pas de clim dans notre chambre, mais ça devrait aller. On a un ventilateur à pales au-dessus de notre lit si besoin. Demain, on se lèvera à 6 h. Pour profiter à fond d’une grande journée.

Samedi 4 juillet, Independence Day à San Francisco

 Il est 6 h quand on se réveille. On n’a pas à faire les valises aujourd’hui car on garde notre chambre. On y dormira de nouveau la nuit prochaine. Petit-déjeuner express à la réception de l’hôtel, ouvert à partir de 7 h, avant de partir. Sac à dos et appareils photos en bandoulière, on part à pied dans les rues quasi désertes, sous un petit crachin. Une grosse demi-heure de marche et de grimpette. On traverse une partie du quartier résidentiel chinois. Pas le plus riche, si on se fie aux fenêtres mal isolées qui laissent apparaître objets et vêtements entassés. Les cafés ouvrent tout juste. On croise des joggers, des gens qui lisent le journal autour d’un café croissant. Concentrée, une Chinoise fait sa gymnastique matinale sur la terrasse d’une rue pentue. De la vapeur sort d’une bouche d’aération sur la voie (comme dans les films !). Il y a peu de circulation automobile dans les rues, pas encore nettoyées. On se demande comment les voitures, dangereusement stationnées en pente, ne se renversent pas sur le côté !

On passe par Jackson Square avant d’arriver à l’embarcadère pour la visite de l’ancienne île prison d’Alcatraz – aujourd’hui une partie du Golden Gate National Recreation Area – au Pier 33. Des ballons tricolores bleu blanc rouge annoncent l’entrée de l’embarcadère et la Fête nationale. 7 h 55. On s’assoit sur des bancs devant des tables, en attendant le départ à 8 h 45. Heureusement qu’on a nos tickets prépayés de la société Alcatraz Cruises. La majorité de ceux qui ont tenté leur chance en faisant la queue pour les derniers tickets est repartie bredouille. Les files d’embarquement sont drôlement bien organisées, à l’américaine. Le gars qui nous scanne nos tickets nous lance un « take care my friends ! » Il a un petit mot pour chaque passager. Même si c’est dit de manière automatique, c’est sympa.

On monte dans un gros bateau à trois étages – avec des panneaux photovoltaïques, des petites éoliennes et un moteur électrique – pour gagner The Rock, à 2,5 km de San Francisco. De 1934 jusqu’en 1963, l’île a gardé dans son pénitencier fédéral les plus grands criminels du pays (1 500 hommes) et a servi de prison militaire. Aujourd’hui, Alcatraz abrite des… colonies d’oiseaux. À peine dix minutes de traversée qu’on débarque déjà sur l’île.

L'île prison d'Alcatraz dans la baie de San Francsico

On voit d’emblée des bébés goélands et leurs parents nichant sur les ruines végétalisées d’Alcatraz ! Ici, c’est le paradis des mouettes, des goélands et autres oiseaux marins comme les aigrettes blanches qui ont établi leur nurserie dans les buissons – on aperçoit des nids à moitié camouflés à trois mètres du cheminement faisant le tour de l’île – des hérons, des cormorans, des huîtriers ! Il y en a des centaines, des milliers. Ils nichent partout, par espèce, chacun sur sa partie de l’île et les bâtiments. On zappe le speech qui présente succinctement Alcatraz à la sortie du bateau, on achète pour un dollar un petit guide historique de l’île en français, et on entre dans la prison. Là, on patiente (peu) dans la file d’attente et on se fait programmer en français l’audio guide : un petit boîtier avec écouteurs chacun. Et il n’y a plus qu’à se laisser guider.

Un audio guide d’une heure super-bien fait ! Avec des doublages en français dignes des films ! On découvre les cellules des différents blocs, les prisonniers célèbres comme Al Capone, des témoignages de prisonniers et de gardiens, les célèbres tentatives d’évasion racontées en détails…

Cellules de la prison d'Alcatraz à San Francisco

On visite la cuisine, la salle de restauration, la bibliothèque… On pénètre dans les cellules, petites, et même les cellules d’isolement. On se rend dans la cour de récréation, dans les bureaux de l’administration et les parloirs. On apprend des tas d’anecdotes, comme ce prisonnier qui a appris le crochet à ses voisins, ces détenus qui ont fabriqué des têtes de mannequins avant de s’évader (histoire véridique racontée dans le film L’évadé d’Alcatraz avec Clint Eastwood)… Ou encore ces autres détenus qui se liguent et renversent les tables de la salle de restauration pour protester d’avoir mangé plusieurs jours d’affilée des pâtes bolognaises… Imaginons aussi, à chaque repas, 200 détenus avec couteaux, fourchettes et cuillères, autant d’armes potentielles ! En cas de gros problèmes, la salle de restauration est équipée de diffuseurs de gaz lacrymogènes, qui ne serviront finalement pas.

On fait ensuite le tour de l’île les cheveux au vent. La vue sur San Francisco est dégagée, cette fois.

Vue sur San Francisco et ses buildings dominés par la Transamerica Pyramid

On passe par le jardin potager (très fleuri) des gardiens – ils vivaient sur l’île en famille et ne fermaient pratiquement jamais à clé les portes de leurs bâtiments – avant de rejoindre la cour des prisonniers, recouverte de guano. On pourrait passer des heures à observer les oiseaux et leurs nichées ! Eux nous regardent, placides, vivant leur vie comme si de rien n’était. On prend quand même le bateau à 11 h 25 pour le trajet du retour.

On déambule ensuite dans le quartier de Fisherman’s Wharf, jusqu’au Pier 39 où on peut normalement voir les lions de mer sur les pontons qui leur sont attribués depuis 24 ans. Mais il n’y a qu’un animal présent : un jeune, blessé (s’il ne se remet pas bien, des soigneurs s’en occuperont). Les autres sont repartis dans l’océan, vers le Nord. Ils devraient revenir en août. Tout cela est notifié sur des petites pancartes explicatives, histoire de ne pas désarçonner les visiteurs. On est un peu déçu, c’est vrai… Il y a de l’ambiance dans ce port familial et festif, départ de mini-croisières pour voir les baleines. Il y a des manèges, des vendeurs ambulants de hot-dogs, des taxis vélos… Un peu trop touristique quand même et peut-être aussi attrape-nigaud…

Pour le déjeuner, on s’arrête au Neptun’s Waterfront Grill and Bar (bof), en hauteur, avec vue sur la baie (qui a plus d’intérêt que la nourriture !) et les pontons des lions de mer. Il fait relativement beau, mais le Golden Gate reste dans le brouillard. On continue ensuite de se promener dans ce quartier touristique, aux airs de fête foraine. Mais il y a vraiment trop de monde. On quitte le quartier de Fisherman’s Wharf pour gagner, petit à petit, le quartier résidentiel de Russian Hill, dont les rues sont tout en montagnes russes, très pentues. La plus célèbre et courue par les touristes, c’est assurément Lombard Street, qui bat sans doute des records de pente. La police doit faire la circulation, tellement les gens se pressent dans la partie « rallye » de la rue aux maisons cossues (dont une à la façade bleue magnifique, sur laquelle tombe une cascade de fleurs rose fuchsia). Une rue tout en virages serrés, bordée de parterres de magnifiques hortensias, et où on roule au pas, rien que pour le fun (on plaint les habitants…). On y grimpe et on y descend sur les côtés par des escaliers, d’où la vue est plutôt sympa.

Lombard Street, la rue en lacets pentus de San Francsico dans le quartier de Russian Hill d'où l'on voit la baie et la Coit Tower

Les touristes s’y prennent en photo. Tout en haut passe le cable car. On est déjà haut dans la ville ! On continue de monter un peu dans les rues résidentielles et fleuries de Russian Hill, de déambuler entre ses façades victoriennes et modernes, boisées, sombres ou claires, avant de gagner les quartiers de Telegraph Hill et North Beach via des détours par le quartier chinois.

15 h 30. On se pose à Washington Square, dans le quartier de North Beach. Des bancs, des arbres, une cathédrale, une grande aire d’herbe verte où se reposent assis ou allongés au soleil (sous des mini-tentes, sur des couvertures) les autochtones et les touristes. Ça fait du bien de se poser ! Plus qu’une boisson bien fraîche et ça sera parfait. On se détend. L’ambiance est bon enfant, en ce jour d’Independence Day. Un monsieur noir en costume blanc improvise des airs d’opéra et tend son chapeau à qui veut glisser des billets. Les joggers et cyclistes font une pause aussi. Deux sportifs tentent de tendre un filet de volley-ball. A 16 h, le carillon de l’église joue un morceau de l’hymne national américain !

Washington Square dans le quartier de Telegraph Hill, San Francisco

On prend notre temps pour trouver un café italien à la terrasse duquel se poser pour boire un pot. Ça sent bon les pizzas et les paninis dans ce quartier à l’ambiance très européenne. La rue est animée et un peu bruyante, mais ce n’est pas désagréable. Après cette petite pause, on se dirige vers le début du Financial District et la tour Transamerica Pyramid, l’un des symboles de la ville. Puis, on repart vers la Coit Tower dans l’espoir de trouver un bon point de vue pour prendre en photo le feu d’artifice qui sera tiré de la baie ce soir, vers 21 h 30, tout en voyant le Golden Gate Bridge. Alors on grimpe les rues et on emprunte des dizaines de marches d’un escalier en briques, dans une végétation touffue et ordonnée. En haut, la vue est belle mais pas assez dégagée pour espérer faire les dites photos. Trop d’arbres. Et de brume… Tant pis, on improvisera tout à l’heure.

On a une petite idée du resto italien où on souhaite dîner : l’Osteria del Forno, sur Colombus Avenue. L’appréciation du Guide du Routard nous donne une impression favorable… On espère qu’il sera ouvert : on voit beaucoup de restaurants et cafés, sûrement tenus par des Américains, fermer tôt (pas de service ce soir) pour cause de 4 Juillet. On trouve notre bonheur et… pas possible ! C’est le même restaurant qu’on avait déjà apprécié en août 2009. Décidément, sans trop le vouloir, on a du mal à se renouveler : The House of Nanking hier et l’Osteria del Forno ce soir ! On doit cependant patienter trois-quarts d’heure avant de pouvoir entrer… Le gérant, sympa et désolé de devoir refuser du monde, doit être au moins à moitié français, ça s’entend à son accent. Il temporise et essaie d’arranger tout le monde. 19 h 45. On entre enfin ! C’est l’autre gérant, Nicolas, qui prend notre commande en français. Il prend même le temps de discuter un peu avec nous. Il tient ce restaurant familial depuis 14 ans. D’après lui, San Francisco est devenue la ville la plus chère au monde (à voir, tout de même), avec un loyer de 2000 $ mensuels pour un studio dans un quartier pas top. Malgré cela, pour rien au monde il ne quitterait San Francisco, cosmopolite, américano-européenne au possible.

20 h 45. Après le repas, on file vers le port pour assister au feu d’artifice. Il y a limite un policier à chaque coin de rue. En arrivant près du port, on voit la foule sur la pelouse. Et surtout des centaines de personnes perchées sur les escaliers et le toit d’un parking à étages. Le bon plan… à condition de trouver une place. En haut, à hauteur de petits immeubles, les gens, locaux et touristes, sont massés entre les voitures et les rebords du toit. Difficile de trouver une place de choix pour le trépied de l’appareil photo… Certains ont posé le leur sur le toit d’une voiture. On trouve finalement un emplacement en surplomb. En fait, il y a deux feux d’artifice sur le port. Et au moins un troisième derrière nous. Pas de chance, la brume floute les bouquets de couleurs. Pas de grand spectacle donc (et pas de photos dignes de ce nom à vous montrer), mais c’est inédit de vivre ce 4 Juillet ici. On redescend ensuite les étages du parking pour rejoindre le flot de passants et de voitures, de klaxons, de sirènes des pompiers et des voitures de police. Ça bruine. Ça grouille de monde dans un désordre assez fluide. On grimpe, on suit. En passant dans Chinatown, on aperçoit un autre feu d’artifice. À croire que chaque quartier a le sien, en plus de l’officiel (?) tiré sur le port !

Vue sur San Francisco de nuit
Chinatown de nuit, San Francisco

On arrive un peu fatigué à notre hôtel à 23h. Demain, on quitte déjà San Francisco. Après un petit tour programmé par Alamo Square, où se trouvent les Painted Ladies, maisons apparaissant dans le générique de la série télévisée La Fête à la maison. Passage obligé : ça fait plus de 20 ans que je souhaite les prendre en photos !

Dimanche 5 juillet, bye bye San Francisco, hello beautiful coast

Lever vers 6 h 30 ce matin, mais on prend plus notre temps que la veille, notamment pour le petit-déjeuner. On fait le check out vers 8 h puis on récupère la voiture avant de gagner, par les rues quasi désertes en ce dimanche matin, Alamo Square. Petite bruine ventée. Comme expliqué quelques lignes plus haut, le but est de prendre en photos les fameuses Painted Ladies, cinq à sept maisons côte à côte, aux façades boisées colorées en pastel (jaune, bleu, marron…). Des maisons de style victorien, en bas d’un grand espace de verdure avec des pins parasols, des saules pleureurs, un court de tennis et un parc de jeux pour enfants.

Maisons victoriennes appelées Painted Ladies à Alamo Square, San Francisco

En arrière-plan, les buildings sont tantôt mangés par la brume, tantôt au soleil. C’est tellement changeant ! Quelques touristes prennent, comme nous, les célèbres façades des maisons en photos. Des habitants promènent les chiens. Le quartier se réveille… On en profite pour se promener un peu dans ce grand espace vert entouré de maisons cossues et d’immeubles aux façades travaillées. Même d’ici, on domine un peu la baie. On regarde les chiens jouer. On a du mal à quitter cet endroit…

9 h 30. Allez, on repart ! Direction Monterey (Californie). Deux heures de trajet, principalement par la Freeway. Après un petit arrêt pour faire quelques courses, on arrive à Monterey, cité balnéaire, vers 12 h 15. C’est vert, arboré et fleuri. Déjeuner rapide en face de l’océan. C’est dimanche. Soleil et vent dehors. Le drapeau américain flotte, en ce lendemain de 4 juillet. On repart vers 13 h 30 pour Point Lobos, une réserve côtière à Carmel, à quelques minutes de Monterey. On y arrive vers 14 h, 10 $ l’entrée. Cher, mais qu’est-ce que c’est joli, cette côte découpée et préservée, ressemblant un peu à un mélange de Bretagne et de paysage méditerranéen du sud de la France ! On y trouve des dizaines de criques à l’eau allant du vert au bleu, en passant par le turquoise. Dommage que la marée rejette beaucoup d’algues.

Paysage de Point Lobos au sud de Carmel près de Monterey, Californie
Paysage de la côte pacifique à Point Lobos, Californie

Ici, les espèces animales et végétales sont particulièrement protégées. C’est le paradis des cormorans ! Une colonie de plusieurs centaines d’individus élève ses petits sur des promontoires rocheux. Les nichées sont visibles à l’œil nu. On distingue bien les petits et les parents qui vont pêcher. On se croirait en train de regarder un documentaire animalier en direct… Beaucoup de photographes amoureux de la nature se sont donnés rendez-vous dans cette réserve. Les rangers veillent aux endroits stratégiques et discutent avec les visiteurs. En contrebas, on croise, flottant sur le dos, une loutre se régalant de moules ou autres coquillages qu’elle pêche dans une crique. Elle s’aide d’un gros caillou, posé sur son ventre, pour débusquer les mollusques de leur coquille. C’est aussi la période des naissances des phoques (harbor seals). Pour ne pas déranger les petits et les mamans, certaines criques sont fermées aux visiteurs, temporairement ou de manière continue.

On accède aux différents points de vue par des sentiers de douaniers bordés de pins et bien aménagés le long des falaises et des rochers. Les parfums d’herbes aromatiques ravissent nos narines. Ça sent parfois la tisane, peut-être le tilleul, mais on n’arrive pas vraiment à définir les herbes correspondant à cette odeur qu’on apprécie. On emprunte un autre chemin, The Whaler’s Cove, où on découvre au loin, en contrebas, d’autres loutres plongeant et mangeant leurs coquillages.

On repart de la réserve pour aller voir la Mission San Carlos Borromeo, une communauté religieuse de l’Église catholique espagnole (Franciscains) avec ses bâtiments restaurés et ses jardins fleuris, à Carmel. C’est l’une des nombreuses missions que l’on peut trouver en Californie. Il est malheureusement trop tard pour en faire la visite payante. Tant pis. On prend tout de même quelques photos de l’édifice puis on décide de prendre notre chambre au motel Travelodge à Monterey.

Mission San Carlos Borromeo à Carmel, Californie
Il est un peu plus de 17 h quand on atteint la réception du motel… situé tout près de l’aéroport. Effectivement, on voit bien les avions au-dessus de la piscine ! Espérons qu’il n’y en ait pas trop la nuit prochaine… D’autant plus qu’il n’y a pas de double vitrage et que les avions volent bas. Tout cela nous laisse perplexes. En tout cas, on est bien placé pour se rendre à notre rendez-vous du lendemain matin (10 mn de route si tout va bien) pour voir les baleines à bord d’un bateau.

Notre chambre, de très bon confort, offre un grand espace et son balcon privé donnant sur la piscine, ses tables, chaises et transats. On s’installe dans la chambre avant de s’allonger sur des transats dans l’espace piscine, se reposer et organiser nos derniers jours avec les dollars qu’il nous reste… Allez, apéro time ! Vers 19 h, sur notre terrasse. On a que quelques pas à faire ensuite pour se rendre dans le restaurant japonais attenant au motel. Il n’y a qu’à descendre les escaliers et se diriger vers la piscine. Pratique ! Et ça nous change de ce qu’on a mangé jusqu’à présent. On prend notre temps jusqu’à 21 h. Note de 42,31 $. Approximativement le même prix qu’en France.

Grosse fatigue. Grand lit confortable. Gros dodo en perspective. En rêvant des baleines…

Lundi 6 juillet, whales wonderful day

On a finalement bien dormi, sans entendre les avions qui passent au-dessus de nos têtes. Petit-déjeuner dans une salle du motel, on rend les clés de la chambre et on part à 8h direction le port pour notre sortie en bateau. C’est un peu la course. Pour trouver le bon chemin, le bon parking, de la monnaie à échanger pour le parcmètre, puis marcher à grands pas pour arriver à l’heure au Monterey Bay Whale Watch Center. On s’inscrit sur le registre et on monte enfin sur le bateau Sea Wolf II, dans les derniers.

À bord, il y a tout ce qu’il faut en dessins, figurines de baleines (la humpback whale et la baleine bleue), livres pour reconnaître baleines, dauphins et autres lions de mer. On est une quarantaine de visiteurs. L’animateur biologiste marin, Greg, nous parle des muscles des coquillages et des loutres, en attendant un passager en retard. On part à 9 h 10, en observant une otarie montée sur le pont d’un bateau dans le port. Pour le moment, le ciel reste blanc et gris mais le soleil tape déjà. Cette météo est typique de la période estivale, nous rassure Greg. Des centaines de cormorans et d’otaries juvéniles ont investi les roches de la jetée. Les otaries au pelage marron tirant sur le doré mouillé (on dirait des limaces) plongent et replongent, jouent dans l’eau.

Colonie d'otaries à la sortie du port de Monterey, Californie
On gagne petit à petit la plus haute mer, postés à l’avant du bateau et scrutant l’horizon. La mer est calme. Le moteur du navire ronronne. Les cormorans flottent et pêchent. Soudain, au loin, on aperçoit des jets d’eau de baleines. Le capitaine, John, ralentit le moteur de notre embarcation au maximum. Tout à coup, à tribord, on voit, accompagnant notre bateau, trois humpback whales (baleines à bosse pouvant atteindre 16 m et peser 44 tonnes) venant probablement du Mexique et allant passer l’été en Alaska en passant par la Californie. Exclamations et émerveillement. Ailerons, dos, queues, jets d’eau émergent des flots. Les baleines avancent doucement. Même scénario avec sans doute les mêmes, quelques minutes plus tard. L’émerveillement renaît. Des gens applaudissent, les enfants crient de joie. On voit et on entend crier des otaries, des petits dauphins et une minke whale, une petite baleine noire et blanche (petit rorqual), proche du bateau, sur le côté, alors qu’on longe la côte. Et encore des otaries…

Baleines à bosse dans la baie de Monterey, Californie
Baleine à bosse (humpback whale) dans la baie de Monterey, Californie
Le ciel se nettoie enfin. Le bleu émerge de nuages gris et colore les vagues. Soudain, c’est le festival. Nous voyons de chaque côté du bateau des Risso’s dolphins, dauphins gris au front bombé légèrement carré, plongeant et replongeant, accompagnant parfois de près le bateau. Quelques minutes plus tard, une baleine bleue est annoncée au loin, droit devant. On voit son jet d’eau. L’équipage est ravi : c’est rare d’en voir à cette période de l’année. Ce serait la première depuis trois mois…

Baleine bleue (blue whale) dans la baie de Monterey, Californie
Dauphins Risso dans la baie de Monterey, Californie
Elle peut faire dans les 24-27 mètres de long et peser jusqu’à 150 tonnes. Elle se rapproche ostensiblement du bateau. Les jets se multiplient et on peut voir son grand dos bombé glisser hors de l’eau. Tout à coup, une baleine à bosse approche de nous et frappe l’eau de ses immenses nageoires, près de la coque du bateau. Ça éclabousse ! On est vraiment tout près, à moins de trois mètres. Je la vois sous l’eau, passant quasiment sous le bateau, s’éloignant et revenant. Les appareils photos chauffent ! À l’arrière, deux humpback whales sont identifiées. Et puis celle qui nous suit revient, encore près du bateau, moteur éteint. Comme pour nous saluer, elle frappe encore l’eau de ses nageoires et de sa queue, longe le bateau. Va-t-elle sous la coque ? Non, elle refait surface tout près de nous une dernière fois ! Il ne manquait plus qu’un saut hors de l’eau à photographier…

Baleine à bosse curieuse jouant près du bateau dans la baie de Monterey, Californie
12 h. On entame le trajet retour, toujours le long de la côte. Le bateau file. Le capitaine le ralentira évidemment si on voit baleines et dauphins à proximité. Greg nous apprend que tout le mois prochain, la BBC viendra tourner ici un documentaire sur les cétacés, très présents dans la grande réserve marine de Monterey – riche en nutriments et en poissons grâce à un canyon sous-marin allant jusqu’à 4 000 m de profondeur. Un groupe de dauphins de Risso longe la côte et saute dans l’eau, puis des loutres en plein déjeuner et de jeunes otaries jouant entre les bateaux et les kayakistes nous accueillent à l’approche du port. 13 h 20.

Deux loutres très joueuses dans la baie de Monterey, Californie
Après avoir remercié l’équipage, on quitte le bateau et on file vers la voiture. Dommage qu’on n’ait pas le temps de rester (on a au moins quatre heures de route), je me dis, quand on passe devant tous ces restaurants avec ces plats de crabes, de poissons, de fondue marine… On se serait bien attardé quelques jours à Monterey. Rien que pour s’essayer au kayak de mer à quelques centaines de mètres des baleines – c’est ce qu’on a vu – ou refaire une sortie en bateau pour rencontrer encore plus de cétacés, profiter des couchers de soleil sur la plage, marcher sur le sable…

Déjeuner express. On repart de Monterey vers 14 h 15, sous un grand soleil. Direction la plus grande ville de Californie, Los Angeles, jusqu’à Santa Maria où on dormira (200 miles de Los Angeles). Sur la route, on s’arrête toutes les cinq à dix minutes pour photographier des points de vue sur la côte pacifique. Découpée et magnifique sous le soleil, avec ses petites criques et ses rochers mangés par les vagues, des plages tantôt de sable blanc, tantôt de sable noir. Une route tout en méandres, avec ses ponts, et une mer bleu-vert, avec ses petites criques et ses mini-lagons. Mieux vaut la parcourir de jour : il n’y a aucun éclairage. Il n’y a d’ailleurs pas de village et très peu de services sur cette route, hormis des restaurants et des lodges huppés. Tout y est hors de prix. On se demande comment les gens qui y travaillent ou y habitent se ravitaillent : il n’y a pas d’embranchements dans les terres. Par hélicoptère ?

Pont au niveau de Big Sur sur la côte californienne
Côte pacifique au niveau de Big Sur, Californie
Vers 17 h, alors que le soleil commence à décliner, on s’arrête sur le parking bien rempli d’un point de vue pour voir des éléphants de mer allongés sur la plage. Ça, c’est la bonne surprise du trajet ! Il y a bien une centaine d’individus de près de deux tonnes chacun. Ils sont étalés de toute leur masse sur le sable de la plage à marée descendante. Répandus. Les uns contre les autres. À moitié endormis, lourds, gras et musclés. Ils s’aspergent de sable avec leurs courtes pattes griffues, reniflent bruyamment avec leur nez en forme de petite trompe. On dirait qu’ils rotent. L’air dans leur tuyauterie fait un bruit de… chasse d’eau. Ou de ballon de baudruche se dégonflant prestement ! Ils bâillent aux corneilles et s’affalent aussitôt dans le sable… Leur peau mue, la couche marron partant petit à petit au profit d’une peau gris taupe toute neuve. Ça fait un peu négligé. Ils sont obligés de s’escalader les uns les autres en faisant onduler leur corps pour trouver un peu de place. Parfois, deux mâles élèvent la trompe, l’un contre l’autre, sans aller jusqu’à la bagarre. Un congénère s’approche des vagues, s’affale dans le sable et se laisse recouvrir, la tête la première, par l’eau salée. Nous, les visiteurs, nous trouvons en hauteur, sur un cheminement, pour les observer. Tout le long, une barrière nous sépare de la plage située à deux trois mètres en contrebas. Les éléphants de mer sont tout près : moins de cinq mètres pour les plus proches. C’est impressionnant de les voir ainsi ! Fascinant. Ils sont arrivés en novembre. Des bagarres parfois sanglantes peuvent éclater pour déterminer le mâle dominant. Mais là, ils sont mous. Mais ils doivent avoir une force incroyable, ces animaux marins. Leur peau est striée de coups et d’égratignures. Leur tronche terminée en trompe les rend peu avenants. En tous les cas, ici, ils sont chez eux.

Colonie d'éléphants de mer (elephant seal) sur la côte pacifique de Californie au sud de Big Sur
Deux éléphants de mer s'intimident sur la côte californienne au sud de Big Sur
Un peu plus d’une heure plus tard, on s’arrache à la contemplation des éléphants de mer. Bon, on est encore loin d’être arrivé à destination, mais ça valait la peine de s’arrêter ! On serait bien resté là-aussi… Un peu pressé par le temps, on décide de s’arrêter rapidement au McDonald’s le plus proche, à Morro Bay. La route s’éloigne finalement de la côte. C’est vallonné, voire montagneux, autour de nous. On arrive finalement dans notre Days Inn vers 20 h. Demain matin, on part pour Los Angeles, à environ 150 miles de Santa Maria. Ce sera la dernière journée entière de notre voyage…

Mardi 7 juillet, mascarade hollywoodienne et lumières nocturnes

Réveil à 7 h pour ce dernier jour complet. On a pas mal de route à faire avant d’arriver à Los Angeles. On prend un petit-déjeuner rapide et on part vers 8 h 15 direction Solvang (petite ville de type scandinave), Malibu puis Santa Monica. Dans l’optique de faire quelques photos. Malheureusement, la météo n’est pas très californienne. Le ciel est gris. Blanc de gris. La brume tombe sur les collines. La température est fraîche. On doit aussi prendre de l’essence. 3,89 $ le gallon : cher, par ici… On voit beaucoup de vignes le long de la route. Et même à perte de vue… Elles recouvrent des collines. La circulation est fluide pour le moment. Les routes (périphériques, autoroutes) sont jalonnées de grandes publicités (surtout aux abords des centres commerciaux et à proximité des villes) qui nous font sourire. Beaucoup pour les avocats, les médecins, les dents blanches ou redressées grâce à l’orthodontie, les restaurants, les spectacles…

Après avoir dépassé un élevage d’autruches, on arrive donc à Solvang et ses maisons à colombages, ses cottages en toits de chaume et ses tuiles, son petit moulin, ses petites maisons de contes de fée, ses magasins de souvenirs, son viking en statue, ses cavistes, ses drapeaux danois et… ses palmiers. C’est vrai que c’est un peu incongru ! Et mignon, en fait, ce petit centre-bourg danois. On s’y promène un peu avant de prendre la direction de Malibu. On y arrive vers 11h15, après avoir passé quelques belles demeures de millionnaires le long de la route. On se gare le long d’une plage, près d’une école de surf. Des dizaines de surfeurs sont dans l’eau. Des adultes et des enfants, élèves d’un surf camp.

Plage de Malibu près de Los Angeles sous un ciel chargé, Californie
Une sauveteuse sur la plage de Malibu, Los Angeles
Le ciel reste désespérement gris. Je prends en photo une sauveteuse comme on pouvait en voir dans la série Alerte à Malibu, avec sa bouée rouge. On touche l’eau du bout des doigts. Elle est relativement froide mais c’est souvent le cas sur cette partie de la côte pacifique. On reprend la route un peu avant midi. Direction Hollywood, en passant par Santa Monica puis Beverly Hills.

On longe toujours la côte avec ses plages, ses palmiers, ses maisons, ses immeubles, ses parkings de plage à 10 $ de l’heure, ses restaurants, ses terrains de beach volley, sa fête foraine, sa marina, ses travaux routiers… Trop de monde, parkings trop chers. On ne s’arrête finalement pas à Santa Monica. On arrive finalement à 13h40 dans le quartier de Beverly Hills, à Los Angeles. On part se promener une demi-heure, histoire de regarder un peu les fameuses demeures. Il n’y a pas grand monde dans ces rues résidentielles ensoleillées. Il y a des roses partout devant les maisons. Souvent des rosiers grimpants sur les grillages délimitant les propriétés. Les portails sont hauts et ouvragés. Avec toujours, autour, des plus ou moins grands palmiers. Différents styles se côtoient : maisons à colombages, avec des colonnes, des tuiles, des briques, des maisons d’architectes ou plus classiques… Les parterres de fleurs sont impeccables. Les haies sont parfois très hautes. Les voitures sont stationnées le long de trottoirs, plats. J’imagine les paper boys (livreurs de journaux) les parcourant le matin et jetant le journal au-dessus des grilles sécurisées. Les façades des maisons sont nickel. On se croirait dans des décors de séries ou dans des films américains : les maisons d’ici s’y prêtent bien. Certaines appartiennent d’ailleurs à des vedettes hollywoodiennes. On essaie de cacher nos appareils photos car on ne veut pas passer pour des paparazzis (d’ailleurs, on ne prend même pas de photos). On ne se sent pas forcément à l’aise de visiter comme ça !

14 h 10. On repart, direction Hollywood Boulevard, The Walk of Fame, à Hollywood, quartier de Los Angeles. On roule au ralenti, il y a beaucoup de monde et il faut trouver une place où se garer ! Ça commence mal… On en trouve enfin une sur Hollywood Boulevard, mais pour… 30 $ la journée de parking, quel que soit le temps qu’on reste (et on ne va rester qu’1h30) ! Et on le découvre seulement une fois dans la file d’attente de voitures… Plus possible de faire marche-arrière. On est un peu estomaqué, mais on joue le (mauvais) jeu. Notre parking a au moins le mérite de donner directement sur le boulevard, les étoiles roses et dorées des stars, les théâtres, musées et cinémas, bars branchés, magasins et touristes à gogo ! Il commence à faire chaud. On part à l’aventure urbaine… Les gens s’arrêtent à tout bout de champ pour photographier les étoiles au sol !

Etoile sur Hollywood Boulevard, Los Angeles
Au fur et à mesure de notre avancée, on découvre qu’on peut se faire prendre en photo avec Minnie, Spiderman, Jack Sparrow, le héros de Pirates des Caraïbes, un robot de Transformers, Mickey, Zorro, Wolverine, Blanche-Neige, Freddy… Et bien sûr, il faut payer pour ça ! De toute façon, ce n’est vraiment pas notre truc ce genre d’ambiance. C’est vrai que c’est leur gagne-pain, à tous ces gens costumés en héros. Mais ça nous fait quand même drôle, quelques minutes plus tard, de voir Chewbacca compter ses billets ! On ne pas comprend pas non plus pourquoi tous ces gars veulent absolument nous donner des CDs gratuits… On ne prend rien car ça sent l’arnaque. Enfin, c’est aussi rigolo de voir toute cette frénésie business entretenue et à laquelle les touristes participent sciemment. C’est le jeu. Même si nous, on n’a pas trop envie d’y jouer. On prend quand même quelques photos du Chinese Theater, des lettres d’Hollywood sur leur colline, des étoiles de célébrités. Peter Jackson, Hugh Jackman, Matt Damon…

Centre commercial sur Hollywood Boulevard, Los Angeles
Grauman's Chinese Theatre à Hollywood, Los Angeles
Ces clichés seront nos souvenirs d’Hollywood Boulevard, qu’on quitte sans regret à 16 h 15. Tant pis si ça fait (très) cher l’heure presque et demie passée ici. En fin de compte, on se dit qu’Hollywood Boulevard, c’est un peu représentatif de ce que l’Amérique a de pire à offrir. Du business à outrance et du mauvais goût… La prochaine fois, on ira visiter les studios Warner ou Universal (où je suis déjà allé il y a longtemps), ce sera un peu plus instructif.

On a hâte de rejoindre notre motel Travelodge situé non loin de là, pour y déposer nos affaires. Une fois fait, on repart à 17 h 15 vers Griffith Park, poumon vert de Los Angeles, situé à moins de 10 minutes en voiture. J’y étais déjà il y a quelques mois, lors de mon voyage en solo, mais je voulais y retourner avec Christelle car je me doutais qu’elle apprécierait l’endroit. Notamment l’observatoire Griffith d’où la vue sur la ville est spectaculaire. On met du temps à trouver une place, mais on est persévérant, et on réussit à se garer sur le parking de l’observatoire du parc vers 17 h 30. Les trois dômes gris de l’observatoire abritent des télescopes, auxquels on peut accéder gratuitement à condition de faire la queue. On décide de cheminer encore plus haut pour voir de plus près les lettres HOLLYWOOD. En fait, cette promenade est très agréable, sur des chemins de terre poussiéreuse, qui courent sur plusieurs miles, tout en haut des collines. Il y a un peu de vent, le soleil décline doucement. C’est calme. Dommage que la brume domine l’horizon et que les lettres d’Hollywood soient en contre-jour. Autrement, on a déjà une belle vue des buildings de LA. Le parc est tout vallonné et arboré. Avec la lumière du soir, c’est beau.

Griffith Observatory et les buildings de downtown Los Angeles en arrière-plan
Où qu’on pose les yeux, on se croirait dans un tableau peint, avec des pastels et des verts fondus. C’est presque serein et hors du temps, cette atmosphère du soir, dans la nature au cœur de la ville. Même si on entend, de temps en temps, au loin, le brouhaha urbain. On croise des joggers (comme à San Francisco, les côtes sont loin de les impressionner, qu’ils soient débutants ou non !), des familles joyeuses. Cet écrin de verdure et de nature est une respiration bienfaisante au milieu du tumulte de la ville, où se côtoient ses (hyper) privilégiés et ses homeless sur les bords des périphériques.

18 h 40. On s’improvise un dîner au café de l’observatoire, avant qu’il ne ferme à 19 h. On se pose en terrasse, au soleil couchant. On prend ensuite en photos les immeubles de la ville et l’immensité de l’agglomération de Los Angeles. La lumière est belle et changeante. En dehors des nuages, le ciel se teinte de jaune orangé. Un vrai coucher de soleil de Californie ! Il y a différents balcons et cheminements extérieurs autour de l’observatoire, sur plusieurs étages, pour admirer les alentours. On rentre également dans le bâtiment pédagogique expliquant la vie du soleil, des étoiles, les saisons, l’apparition de la vie sur Terre, la matière née du cycle de la vie des étoiles… C’est vraiment intéressant et très bien bien expliqué, avec des films, des animations de la Terre tournant autour du soleil, des maquettes en relief… Alors qu’on assiste, avec un animateur de l’observatoire, à l’évolution de la course du soleil en direct, on apprend qu’il se couche dans quelques minutes, à 20 h 08. Il nous reste peu de temps avant de le voir disparaître… Alors on retourne prestement dehors pour en saisir les derniers éclats avant qu’il ne s’efface derrière l’horizon vallonné.

Les lettres Hollywood sur le Mont Lee au coucher du soleil, vues de Griffith Observatory, Los Angeles
Coucher de soleil sur les montagnes derrière Griffith Observatry, Los Angeles, Californie
Gigantisme de Los Angeles et ses lumières de nuit, vue de Griffith Observatory
20 h 15. Entre les touristes, les cyclistes, les familles et les joggers locaux, il y a peut-être ce soir un millier de personnes autour de et à l’observatoire. Des gens ont apporté leur propre télescope qu’ils installent sur la pelouse devant le bâtiment. À côté, des salariés proposent aux visiteurs de regarder dans ceux, plus grands, qu’ils tiennent à disposition du public. Ils donnent des explications de passionnés avec visiblement beaucoup de plaisir. Il règne comme une communauté d’esprit et de curiosité ici. L’atmosphère est à la fois calme et excitante. Beaucoup de visiteurs attendent la nuit et viennent exprès pour observer le ciel, les étoiles et photographier les lumières de la ville, qui s’étendent à perte de vue. C’est ce que Christelle et moi faisons, à prendre les lumières de L.A., avec le trépied, des vitesses d’obturation lentes et la télécommande. Il n’y a pas de vent mais il fait frais et quelques nuages sont toujours présents. Pour les photos avec un ciel constellé d’étoiles, il faudra repasser…

Los Angeles de nuit
Vue de l'observatoire Griffith sur une partie de l'ouest de Los Angeles, Californie
Les visiteurs quittent petit à petit l’observatoire. À 22 h, on décide de faire de même. L’atmosphère est humide. On rentre donc au motel, satisfaits de notre dernière soirée. Le temps de parfaire nos bagages pour le retour, on est toujours debout à 23 h 30. Tant pis. On aura bien le temps de dormir dans l’avion qui nous ramènera demain à Paris…

2018-06-14T21:09:52+00:0016 juin, 2016|Récits de voyage|Aucun commentaire

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